Par 1 janvier 1970

Créé en 1938, le Yellow Jackets Motorcycle Club est l'un des clubs les plus anciens encore en activité aux États-Unis. Il fait partie des premiers clubs californiens aux côtés du 13 Rebels MC et du Orange County Motorcycle Club qui, avec les Boozefighters, ont participé aux célèbres « émeutes » de Hollister en 1947 et donné naissance à la biker culture telle qu'on la connaît aujourd'hui.
La naissance du club est assez différente de celle de ses homologues de l'époque, et son histoire officielle est beaucoup moins documentée, donc plus difficile à connaître. Il semblerait que le club ait d’abord été un club de voitures en Californie du Sud, au début des années 30, mais que, petit à petit, pour des raisons financières, les membres de ce groupe encore informel – qu'on identifiait seulement à leur sweater aux manches rayées jaune et noir, comme l'abdomen d'une guêpe – se tournèrent vers la moto. Selon l'un de ses membres fondateurs, ce n'est donc qu’en 1938 que ces jeunes passionnés de vitesse prirent le nom officiel de Yellow Jackets Motorcycle Club et qu'ils s'affilièrent à l'American Motorcycle Association (AMA) afin de participer à ses courses. Le siège social du club fut alors fixé à Gardena, qui reste considéré aujourd'hui comme le chapitre « mère ».

Tout comme le 13 Rebels MC, le club a donc d'abord été créé comme un simple club de courses motocyclistes : tous les membres étaient des pilotes qui s'affrontaient sur les « dirt tracks » de Californie. Mais la vie du club ne s'arrêtait pas à la sortie du circuit… Les membres du Yellow Jackets MC se retrouvaient régulièrement dans un petit bar appelé le Crash Inn, dans le village californien de Crestline, dans les montagnes de San Bernardino, tant et si bien que le propriétaire de l'établissement a fini par devenir lui-même membre honoraire du club !
Beaucoup de clubs se retrouvaient d'ailleurs au Crash Inn : les Sharks, les 13 Rebels, les Top Hatters puis les Boozefighters, pour ne citer que les plus connus. Ils passaient des heures au comptoir, à rire, à boire, bref, à passer un bon moment. C'est dans ces moments-là que les liens de fraternité se forgeaient, pour donner naissance à ces clubs où la course n’était plus le seul ciment du groupe.

Anecdote amusante : très proches du Boozefighters MC, qu'ils considéraient comme un club frère, les membres du Yellow Jackets MC leur prêtaient de temps en temps leurs célèbres sweaters, afin que les Boozefighters puissent participer aux courses de l'AMA dont ils étaient bannis ! Le reste du temps, le jeu préféré des Yellow Jackets consistait à attraper des lapins à la main, par les oreilles, en les poursuivant à moto… Plus difficile qu'on ne le croit. Et puisqu'on parle de leurs sweaters… À la fin des années 30 et jusque dans les années 40, les clubs ne portaient pas encore leurs couleurs en patches trois-pièces comme le firent par la suite la plupart des MC américains. La plupart du temps, il s'agissait plutôt de pulls brodés. Ceux des Yellow Jackets figurent parmi les plus célèbres : la partie centrale était noire, et les manches étaient rayée (comme souvent sur les sweaters sportifs), en jaune et noir, figurant l'abdomen d'une guêpe. Sur le dos, il y eut d'abord simplement comme broderie une guêpe à l'allure pour le moins compétitive, puis le dessin d'un coureur portant une veste jaune et chevauchant une guêpe en lui tenant les antennes comme s'il s'agissait d’une guidon de moto !

Avec le temps, le club finit par adopter la forme moderne des couleurs de MC, le patch en trois pièces brodé sur leurs gilets en cuir. Aujourd'hui, le rocker du haut porte le nom du club, le patch central le logo représentant une guêpe agressive avec une veste jaune, et le rocker du bas affiche soit « 1938 » (l'année de création), soit « Mother » (pour les membres appartenant au chapitre original), soit « National » (pour les officiers de haut rang). Un petit patch rond sur le côté supérieur droit de la veste reproduit le patch d'origine du club, en une seule pièce.
Aujourd'hui, le Yellow Jackets MC est devenu un club national, ce qui signifie que ses membres sont répartis sur l'ensemble du territoire américain, avec plusieurs chapitres dans différents états. Il est même récemment devenu un club international, ayant ouvert un chapitre en Italie ! Tout comme les 13 Rebels ou les Boozefighters, ce n'est pas un club « 1% » et il ne revendique aucun territoire. Ayant démarré en Californie du Sud, le club s'est ensuite étendu vers l’est, acceptant de plus en plus de nouveaux membres et absorbant parfois d’autres clubs. Aujourd’hui, les Yellow Jackets sont présents de l'Alaska jusqu'à la Floride. Egalement connu sous les surnoms de « YJMC », de « 25 » ou de « Black & Yellow », le club a aujourd'hui transféré son siège social dans l'Illinois, mais le dernier membre fondateur encore en vie, Bob Macmillen, vit toujours en Californie.

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